RETOUR

La contamination par toxicomanie

A l’heure actuelle, la principale cause de contamination par le VHC est la toxicomanie.
Les premières expériences d’usage de drogue par voie intraveineuse représentent une période critique où le risque de contamination par le VHC est majeur. En effet, les premières injections sont presque toujours effectuées à l’aide de seringues appartenant à un initiateur, lui-même souvent atteint par le VHC.


(Dr Baudouin Denis, forum de Charleroi le 17.06.02)

La contamination est massive (prévalence=à environ 80 %), universelle et très précoce puisque 50% des toxicomanes (usagers de drogues par voie intraveineuse) sont contaminés dans le premier mois de pratique.

Tous les usagers de drogues (même ceux qui n’ont tenté l’expérience qu’une seule fois) devraient se faire dépister, les «injecteurs» et les «non-injecteurs» car les «sniffeurs» ne sont pas à l’abri d’une contamination par leur paille. De plus, en théorie, c’est ce groupe (génotype non 1 b) qui répond le mieux aux traitements, même classiques (interféron standard) et il concerne une population généralement fort jeune.

Il est important de signaler ici que beaucoup de toxicomanes ignorent qu’ils peuvent être également contaminés par le matériel d’injection.

La transmission liée à l’usage de drogues par voie intraveineuse se produit si l’on partage pour l’injection du matériel infecté par le sang d’un utilisateur précédent : aiguille et seringue, mais aussi cuillère, filtre, produits de dilution. Dans ces conditions, une seule injection suffit pour transmettre le VHC. Il est donc indispensable d’utiliser du matériel neuf pour chaque injection.
Quand il n’y a pas de partage de la seringue, le partage du matériel servant à la préparation de l’injection pourrait à lui seul être à l’origine d’une contamination.

REMARQUES.

Risques d’autres transmissions.

Le contact avec le sang expose aussi à un risque de transmission du virus de l’hépatite B (VHB) et du virus de l’immunodéficience humaine (VIH ou virus du sida). Environ 5 % des usagers de drogue par voie intraveineuse sont porteurs chroniques du VHB et 20 % sont atteints par le VIH. La contamination, chez une même personne par le VHB et le VHC ou la co-infection par le VIH et le VHC aggrave l’évolution de l’hépatite chronique C dans la plupart des cas. Il est donc fortement recommandé de se faire vacciner contre l’hépatite B.


Comment éviter une ré-infection ?

Etre atteint par le VHC, ne protège pas contre le risque d’une nouvelle infection qui pourrait aggraver la situation médicale. Si la personne ne peut renoncer à l’usage de drogues, elle doit utiliser uniquement son matériel personnel : ne pas partager aiguille, seringue, cuiller, eau, produit, filtre, paille en cas de "sniff".

Une seringue ne doit servir qu’une seule fois.

Pour pouvoir respecter les règles d’hygiène indispensables pour éviter la transmission du VHC, du VHB et du VIH, vous trouverez en vente libre en pharmacie :

- des seringues et des aiguilles.
- des Stéribox (trousses de prévention qui contient deux seringues jetables à usage unique, le matériel stérile pour la préparation des injections et un préservatif.) Certaines associations distribuent gratuitement des trousses de prévention.

Si, exceptionnellement, la personne ne peut se procurer du matériel d’injection neuf, le nettoyage avec de l’eau de Javel peut limiter les risques de transmission des virus des hépatites B et C et du sida à condition de respecter strictement le mode d’emploi suivant :

- Remplissez la seringue d’eau courante. Videz la seringue. Effectuez l’opération deux fois.
- Remplissez la seringue d’eau de Javel. Attendez 1 minute. Videz la seringue.
  Effectuez l’opération deux fois.
- Remplissez la seringue d’eau courante. Videz la seringue. Effectuez l’opération deux fois.


Sébastien Hamon dit Seb

Peut-on traiter un toxicomane ?

Oui. Si un traitement de l’hépatite chronique C est indiqué chez un usager de drogues, l’arrêt de l’usage de drogues (sevrage) est souhaitable. Un traitement de substitution doit être systématiquement envisagé si le sevrage n’apparaît pas réalisable. Il s’agit de la prescription d’un médicament destiné à supprimer la souffrance liée à la dépendance physique induite par la consommation de la drogue. Un traitement de substitution peut être prescrit dans un centre de soins spécialisés pour toxicomanes ou par un médecin généraliste.

Un traitement de substitution bien prescrit et bien suivi permet un équilibre de vie qui favorise une bonne observance du traitement de l’hépatite C. Le traitement par interféron et par ribavirine est compatible avec un traitement de substitution.

Si l’usage de drogues par voie intraveineuse persiste, malgré la proposition d’un traitement de substitution, il n’y a pas de contre-indication formelle pour la mise en route d’un traitement d’une hépatite C chronique.

RETOUR