Diagnostic, évolution et traitements médicaux
Diagnostic
Seule la prise de sang permet de dépister le VHC.
Plus de la moitié des personnes atteintes par le virus
de l’hépatite C ignorent qu’elles sont infectées.
Si vous ne connaissez pas votre situation par rapport à
l’hépatite C, demandez à votre médecin
un test de dépistage. Une seule prise de sang suffit.
Si la prise de sang révèle la présence d’anticorps,
cela ne veut pas dire pour autant que vous êtes contaminé.
Cela signifie avant tout que vous avez été en contact
avec le virus.
Sur 10 malades qui ont été en contact avec le virus,
environ 8 deviendront porteurs chroniques tandis que les 2 autres
auront guéri spontanément. Aujourd’hui encore,
on ne connaît pas vraiment les raisons de cette «guérison
spontanée». Le problème persistera donc pour
les porteurs devenus chroniques.
Comment savoir si l’on est devenu porteur chronique
?
Un test positif doit être confirmé par une
seconde prise de sang.
Le dosage des transaminases.
Les transaminases (ALAT/SGPT) sont des enzymes libérées
dans le sang par le foie en cas d’agression.
L’augmentation des transaminases suggère en général
qu’il y a une hépatite, c’est-à-dire
une inflammation du foie.
Il n’y a pas de relation directe entre l’augmentation
des transaminases et les symptômes de l’hépatite,
ni entre le niveau des transaminases et l’importance des
lésions du foie (fibrose).
La recherche du virus C dans le sang.
Il s’agit, à partir d’une prise de sang, de
détecter le génome (ARN) du virus, qui se trouve
ainsi directement mis en évidence par une technique dite
de «PCR» (Polymerase
Chain Reaction).
• Si la recherche du virus C par PCR, pratiquée à
plusieurs reprises, est toujours négative, la personne
n’est pas porteuse du virus. Elle a spontanément
éliminé le virus et est considérée
comme guérie.
• Si la recherche du virus C par PCR est positive, la personne
est porteuse du VHC et nécessite un suivi médical.
La mesure de la charge virale.
La mesure de la charge virale sert à déterminer
la quantité de virus présente dans le sang. Avec
l’évolution des traitements, son intérêt
dans le cadre des traitements devra être précisé.
La détermination du génotype du virus.
Elle sert à apprécier les chances de guérison
par le traitement, certains génotypes étant plus
sensibles aux thérapeutiques. C’est ainsi que les
génotypes 2 et 3 «répondent» généralement
mieux aux traitements que les autres génotypes.

Peut-on avoir un test
de dépistage positif sans avoir d’hépatite ?
OUI.
Il s’agit de la situation de personnes chez qui des anticorps
contre le VHC ont été détectés par
le test de dépistage, mais qui ont éliminé
le virus C.
A la suite de l’hépatite aiguë et en l’absence
de traitement, comme dit plus haut, environ 20 % des personnes
concernées ne développent pas d’hépatite
chronique. Elles éliminent le virus et guérissent
spontanément.
La jaunisse, quand elle existe, va disparaître progressivement
et les transaminases redevenir normales.
Le virus C, recherché dans le sang par un examen dit «PCR»,
disparaît également. La PCR devient négative.
En revanche, les anticorps dirigés contre le VHC persistent
en général dans le sang.
La présence de ces anticorps ne signifie donc pas que la
personne est atteinte d’une maladie évolutive : elle
témoigne seulement qu’elle a été infectée
par le virus.
Chez les personnes qui n’ont pas éliminé
spontanément le virus (80 %), l’hépatite C
devient chronique.
Dans la majorité des cas, l’hépatite chronique
n’entraîne pas de fibrose importante. Cependant, dans
20 % des cas, elle peut évoluer vers une cirrhose, parfois
longtemps après la contamination.
La fibrose est comme une «cicatrice» apparaissant
après l’atteinte des cellules du foie par le virus
C. C’est à partir de cette fibrose que peut se constituer
une cirrhose. La cirrhose est une désorganisation de l’architecture
du foie, avec présence importante de fibrose.
Plusieurs facteurs aggravant la fibrose sont connus : la consommation
d’alcool (vin, bière, cidre, alcool fort, vin doux),
le tabac, l’excès de poids.
La vitesse d’évolution est très variable d’une
personne infectée par le VHC à une autre et dépend
principalement de deux facteurs : âge au moment de la contamination,
temps écoulé depuis la contamination.
Lorsqu’une hépatite C s’aggrave, c’est
toujours progressivement, sur de longues années. Les
formes rapidement évolutives sont exceptionnelles.
La cirrhose peut entraîner des complications, et parfois
évoluer vers un cancer du foie.
L’évolution de l’hépatite chronique
C peut être modifiée par un traitement généralement
efficace.
Anictérique veut dire «absence de jaunisse»
Les traitements médicaux.
De manière classique, quel suivi médical
une hépatite C nécessite-t-elle ?
Si vous avez un médecin qui vous suit habituellement,
il pourra vous renseigner, vous orienter et, si nécessaire,
entamer les démarches pour une prise en charge de votre
maladie.
Vous aurez ensuite besoin de rencontrer un médecin spécialiste,
hépatologue ou hépato-gastro-entérologue.
Quel que soit le médecin qui vous suit, lorsque le diagnostic
d’hépatite chronique C est posé, la surveillance
comporte :
• une simple surveillance régulière
chez les personnes ayant des transaminases normales, c’est-à-dire
lorsque les résultats sont normaux sur trois prises de
sang successives sur une période de six mois. Cela concerne
environ une personne atteinte d’hépatite chronique
C sur quatre (voir remarque plus loin).
• une biopsie chez les personnes ayant des transaminases
élevées. Elle permet de déterminer l’importance
des lésions du foie et l’indication d’un
traitement.
En fonction des résultats de la biopsie :
• un suivi régulier des transaminases sera
généralement proposé si la biopsie
montre une hépatite minime. Une autre biopsie du
foie sera proposée entre deux et trois ans après
la première biopsie afin de juger de l’évolution.
• en dehors des hépatites minimes et en l’absence
de cirrhose décompensée, un traitement antiviral
d’une durée de 6 à 12 mois est indiqué
pour tenter d’éliminer le virus. Il permet
aussi d’éviter ou de ralentir l’apparition
des complications.
En cas de cirrhose, une surveillance est proposée
tous les six mois afin de dépister précocement l’apparition
d’une tumeur du foie (bilan sanguin et échographie
abdominale). Un examen de l’estomac par endoscopie est également
proposé tous les un à deux ans. Cet examen a pour
but de rechercher des varices de l’oesophage qui font courir
un risque d’hémorragie et pour lesquelles un traitement
préventif peut être proposé.
Remarque à propos des malades avec
transaminases normales.
La Belgique pratique des conditions de remboursement beaucoup trop
restrictives !!!
(voir chapitre « Les conditions de remboursement »)
Beaucoup trop de malades ont déjà une fibrose avancée
avec transaminases normales. Ils ne peuvent donc pas être
traités puisque les conditions de remboursement ne le permettent
pas.
Il ne faut pas paniquer pour autant. En discutant avec leur médecin
spécialiste, ils peuvent trouver une solution car des études
cliniques existent et peuvent, suivant les cas, les inclure dans
leur protocole.
A quoi sert le traitement de l’hépatite
chronique C ?
Le traitement antiviral de l’hépatite
C, il est destiné à éliminer ou à
neutraliser le virus C et à ralentir l’éventuelle
progression de la fibrose hépatique.
Grâce aux traitements actuels, il est possible de guérir
:
- dans environ 4 cas sur 5, en cas d’infection par
le virus C de génotype 2 ou 3 ;
- et dans presque 1 cas sur 2, en cas d’infection par
les génotypes 1, 4 ou 5.
Le traitement permet également :
• d’éviter ou de retarder
une évolution vers la cirrhose et vers un cancer du foie
• de diminuer ou, en cas de guérison, d’éviter
le risque de transmission du virus
• à terme, d’améliorer la qualité
de vie des personnes atteintes.
Il faut parfois aussi envisager traitements
pour mieux gérer les symptômes de l’hépatite
C, les manifestations extra-hépatiques ou les effets secondaires
dus au traitement antiviral.
Ils sont destinés à lutter contre les troubles digestifs,
les douleurs musculaires, les démangeaisons, la dépression
nerveuse...ou à prévenir l’apparition des
complications telles que varices oesophagiennes par exemple.
Quels sont les médicaments pour
lutter contre le virus ?
Le traitement antiviral comporte l’association
de deux médicaments : l’interféron et la ribavirine.
Cette association est également appelée «bithérapie»
ou «thérapie combinée».
La bithérapie dure de six mois à un an suivant le
génotype.
L’interféron, dont l’interféron
PEG.
L’interféron (IFN) fait partie d’une famille
de substances qui sont naturellement produites par l’organisme
humain en réaction à des agressions, notamment
virales.
Le médicament interféron n’est pas dérivé
d’un organisme vivant, mais est fabriqué par
synthèse chimique.
Une nouvelle forme d’interféron appelée
«interféron pégylé», ou interféron
retard càd «à action prolongée»
a fait son apparition voici quelques années.
Cette forme résulte de la combinaison de l’interféron
à du polyéthylèneglycol (PEG), qui augmente
sa durée d’action et son efficacité. L’interféron
pégylé est administré en une
seule injection par semaine (au lieu de trois pour
l’IFN standard).
L’injection doit se faire dans la cuisse ou
dans l’abdomen, en veillez à changer
d’endroit pour éviter des petits bobos. Si vous
ne vous piquez pas vous-même, l’injection peut
se faire également dans le muscle de l’épaule.
La dose est généralement fonction du poids.
La ribavirine est un médicament antiviral
qui s’administre par voie orale sous forme de gélules
: en général de 4 à 6 gélules par
jour, en fonction du poids.
A la différence de l’interféron, ces gélules
se prennent tous les jours, généralement matin
et soir, pendant le repas.
En Belgique, deux laboratoires distribuent les interférons
et la ribavirine. Il s’agit des laboratoires Roche et
Schering-Plough.
Les interférons…
| Pegasys®
Médicament soumis à prescription
médicale et à autorisation préalable
du médecin-conseil de votre mutualité.
Taux de remboursement : catégorie B
Laboratoire : Roche
Seringue pré-remplie dosée pour usage unique.
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| Pegintron® Médicament
soumis à prescription médicale et à
autorisation préalable du médecin-conseil
de votre mutualité.
Taux de remboursement : catégorie B
Laboratoire : Schering-Plough
Stylo pré-rempli dosé pour une seule administration.
par voie sous-cutanée.
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Les antiviraux…
| Copegus®
Médicament soumis à prescription médicale
et à autorisation préalable du médecin-conseil
de votre mutualité.
Taux de remboursement : catégorie B
Laboratoire : Roche
Comprimés
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| Rebetol® Médicament
soumis à prescription médicale et à
autorisation préalable du médecin-conseil
de votre mutualité.
Taux de remboursement : catégorie B
Laboratoire : Schering-Plough
Gélules
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Coût des les bithérapie en délivrance
publique*… (en euros)

Source : www.inami.fgov.be/ et www.mutsoc.be
* Il ne s’agit pas ici de délivrance
en ambulatoire ou à l’hôpital.
En ambulatoire, votre intervention personnelle est calculée
sur base du nombre d’unités (de tarification) reçu
et de la catégorie de remboursement.
En cas d’hospitalisation, on vous compte un forfait de
0,62 €/jour quelque soit le nombre d’unités
(de tarification) reçu.
Les autres traitements antiviraux.
Ils relèvent encore du domaine de la recherche.
Il faut savoir que, du fait du très grand nombre de malades
infectés dans le monde, les progrès sont permanents
et de nouveaux traitements sont attendus dans les prochaines
années (voir chapitre « Les études cliniques
»).
Des trithérapies sont en cours d’évaluation,
c’est-à-dire que leur efficacité n’est
pas encore prouvée. Elles sont administrées dans
le cadre d’essais cliniques permettant d’évaluer
leur niveau d’efficacité et leurs effets secondaires.
Interactions avec d’autres médicaments.
En cas d’hépatite chronique C, s’il n’y
a pas de cirrhose, la plupart des médicaments, qu’ils
soient ou non liés à l’hépatite,
peuvent être utilisés, notamment les contraceptifs
par voie orale.
Source : manuel à l’usage
des patients «Hépatite C» - Comité Français
d’Education pour la Santé.
Pour plus de sécurité,
il vous est conseillé de prendre l’avis de votre
médecin traitant, avant la prise de tout médicament.
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