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Description médicale ou évolution naturelle du virus

•1. Contamination par le virus C

Sur l'ensemble :

Dans 20 % des cas, une guérison complète survient en quelques mois. À long terme, il est rare que subsistent des séquelles.
• Moins de 1% évolue vers l'hépatite fulgurante ou fulminante
• 10% évoluent vers une hépatite aiguë symptomatique
• 90% évoluent vers une hépatite aiguë asymptomatique dont 80% vers une hépatite chronique qui se subdivise en :
• 50% en hépatite peu évolutive ("porteurs sains")
• 50% vers la cirrhose (20 à 50%) en 10 à 20 ans dont 5% par an présentent des complications (on parle alors de cirrhose décompensée : ex : apparition de varices oesophagiennes pouvant aboutir à des hémorragies digestives internes) et 5 à 15% par an évoluent vers le cancer du foie.
On parle d'hépatite chronique lorsque le virus persiste dans le sang au moins durant 6 mois (ARN VHC dans le sérum) et lorsque les transaminases restent, elles aussi, anormalement élevées durant plus de 6 mois. La maladie est alors active et une biopsie révèlera des lésions provoquées au foie. Un traitement s'avèrera nécessaire.

Malheureusement les thérapies coûtent très cher. De plus, le traitement est long (généralement de 6 mois à 1 an) et difficile à supporter. Il n'est plus proposé (sauf exceptions) aux patients âgés de plus de 65 ans.


Hépatite aiguë


Le tableau clinique de l'hépatite aiguë C a surtout été décrit chez les patients transfusés. Aussi, les caractéristiques de l'hépatite aiguë C liées à d'autres modes d'infection, comme l'UDIV ou l'exposition nosocomiale ou professionnelle, sont mal connues.

La période d'incubation et la sévérité de l'hépatite aiguë pourraient être liées à l'importance de l'inoculation. L'incubation moyenne, d'après les études prospectives post-transfusionnelles, est de 7 à 8 semaines, mais elle peut être très variable (2 à 26 semaines). L'hépatite aiguë C n'est ictérique (le patient qui fait une jaunisse) que dans une minorité de cas (20%) et est anictérique avec absence ou peu de symptômes dans la plupart des cas (80%). L'ictère semble encore moins fréquent chez les sujets infectés par usage de drogues intraveineuses.

Les symptômes ne sont pas spécifiques : fatigue, nausées, douleurs dans le côté droit de l’abdomen, suivies par l'apparition d'urines foncées et d'un ictère. Ils sont semblables à ceux observés au cours d'autres hépatites virales. Ainsi, le diagnostic clinique de l'hépatite aiguë C est rarement fait. Le diagnostic est fondé sur la sérologie virale.

L'hépatite aiguë sévère est rare et la réalité de l'hépatite fulminante est actuellement controversée.
Dans les formes symptomatiques, la maladie dure généralement de 2 à 12 semaines.

Le premier marqueur de l'infection par le VHC est l'apparition d'ARN viral détectable dans le sérum par PCR dès la première semaine après la contamination.
Les anticorps anti-VHC sont détectables au stade aigu de l'hépatite dans la plupart des cas mais, dans certains cas, mais il arrive que la séroconversion survienne tardivement, une à plusieurs semaines après le pic des transaminases. Les transaminases s'élèvent avant l'apparition des symptômes. basses peuvent Le pic des transaminases est le plus souvent supérieur à dix fois la normale, même si des valeurs plus être observées.

En cas de guérison de l'hépatite aiguë C, les transaminases se normalisent et l'ARN viral devient indétectable; les anticorps anti-VHC diminuent très progressivement mais restent détectables pendant de nombreuses années.
En cas de passage à la chronicité, les transaminases peuvent se normaliser ou rester discrètement ou modérément élevées. Cependant, l'ARN viral reste détectable malgré une négativation transitoire dans certains cas.

La guérison spontanée de l'hépatite aiguë C n'est observée que dans 20% des cas environ.
Chez la plupart des patients, l'infection devient chronique.
La fréquence du passage à la chronicité est de l'ordre de 80% ; elle varie de 50% à 90% en fonction des études. La grande fréquence du passage à la chronicité est liée à la forte variabilité génomique du VHC. La multiplication du virus, dont le génome est un ARN, entraîne des mutations permanentes qui lui permettent d'échapper à la réponse immunitaire.

Hépatites Chroniques

On peut distinguer trois tableaux d'hépatite chronique C

• L’hépatite chronique avec transaminases normales
• L'hépatite chronique minime
• L’hépatite chronique modérée ou sévère


L’hépatite chronique avec transaminases normales

Un certain nombre de patients, ayant une infection chronique par le virus de l’hépatite C ont des transaminases normales en permanence malgré la présence d'une virémie détectable (ARN viral détectable par PCR dans le sérum).
Ces patients sont souvent identifiés lors d'un dépistage.
Ce groupe représente environ 25% des patients porteurs chroniques du VHC (10% à 40% en fonction des études).
La définition de ce groupe de patients doit être stricte : positivité des anticorps anti-VHC, positivité de l'ARN VHC par PCR et transaminases strictement normales. Cela nécessite au moins trois dosages des transaminases sur une période d’au moins 6 mois.

Ces patients n'ont habituellement aucun symptôme, mais environ 90% d'entre eux ont des lésions d'hépatite chronique à la biopsie hépatique. Cependant, les lésions histologiques hépatiques ((= les lésions des tissus du foie) sont généralement minimes et les lésions sévères, en particulier la cirrhose, sont rares en l'absence d'autres facteurs hépatotoxiques (antécédents de consommation excessive d'alcool, co-infection VIH). Les caractéristiques virologiques de ces patients (génotype et charge virale) ne semblent pas différentes de celles observées chez les patients atteints d'hépatite chronique C avec transaminases élevées. L'évolution à long terme de ce groupe de patients n'est pas connue et une surveillance régulière des transaminases (deux fois par an) est recommandée, bien que le pronostic paraisse a priori tout à fait favorable.
L'hépatite chronique minime
Un autre groupe de patients atteints d'hépatite chronique C est caractérisé par une maladie du foie minime avec de l'ARN viral détectable dans le sérum par PCR et des transaminases très modérément élevées, parfois fluctuantes et transitoirement normales. La biopsie hépatique montre des lésions d'activité et de fibrose minimes. Ce groupe de patients représente actuellement environ 50% des patients atteints d'hépatite chronique C.
Ces patients sont généralement asymptomatiques mais peuvent se plaindre, dans certains cas, d'une fatigue anormale. Ce type d'hépatite chronique C évolue généralement très lentement et le risque, à long terme, de développer une cirrhose est faible. L'hépatite chronique minime est la forme la plus fréquente d'hépatite chronique C chez les patients jeunes. Cependant, une minorité de ces patients peut éventuellement développer ultérieurement une maladie plus évolutive.

L’hépatite chronique modérée ou sévère

Le troisième groupe de patients atteints d'une hépatite chronique modérée ou sévère représente environ 25% des patients atteints d'hépatite chronique C. Ces patients sont difficiles à distinguer de ceux atteints d'une hépatite chronique minime. Cliniquement, bien que la maladie hépatique soit plus sévère, la plupart des patients sont asymptomatiques et, s'il existe une fatigue, l'intensité de celle-ci n'est pas corrélée à la sévérité de la maladie.
L'examen clinique est généralement normal. En outre, bien que ces patients aient tendance à avoir des transaminases plus élevées que les patients atteints d'hépatite chronique minime, le taux des transaminases n'est pas un facteur pronostique pour un malade donné. Une augmentation des gamma GT, de la ferritine ou des immunoglobulines, ou une thrombopénie sont les indices d'une maladie plus sévère, mais ils ne sont pas toujours présents. L'échographie hépatique peut apporter des informations utiles mais elle est le plus souvent normale.
Ainsi, la biopsie hépatique est l'examen le plus fiable pour distinguer l'hépatite chronique modérée ou sévère de l'hépatite chronique minime. Elle permet d'établir le pronostic et l’indication du traitement.
La biopsie hépatique montre des lésions plus marquées d'activité et une fibrose plus ou moins extensive. (voir aussi échelle Métavir)
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