Description médicale ou évolution naturelle
du virus
• 2. Complications à long terme ; la cirrhose,
le carcinome hépatocellulaire, le lymphome
La Cirrhose
La cirrhose induite par l'hépatite chronique C peut rester
silencieuse pendant de nombreuses années.
Les signes d'hypertension portale ou d'insuffisance hépatocellulaire
apparaissent tardivement. Ainsi la cirrhose, habituellement asymptomatique,
est le plus souvent découverte lors de la biopsie hépatique.
Dans d'autres cas, la cirrhose est diagnostiquée à
l'occasion d'une complication (hémorragie par rupture de
varices oesophagiennes, ascite, ictère, encéphalopathie).
Dans certains cas, le diagnostic de cirrhose est fait au stade
de carcinome hépatocellulaire. L'examen clinique, l'échographie
et les tests hépatiques peuvent suggérer l'existence
d'une cirrhose.
Chez les patients ayant une cirrhose liée à une
hépatite chronique C, la mortalité liée à
l'hypertension portale, l'insuffisance hépatocellulaire
ou le carcinome hépatocellulaire est de l'ordre de 2% à
5% par an.
La cirrhose décompensée due à l'hépatite
chronique C est la deuxième cause de transplantation hépatique
(après la cirrhose alcoolique) et la première cause
en Europe.
En cas de cirrhose, l'incidence du carcinome hépatocellulaire
est élevée (3 % à 10 % par an) et justifie
un dépistage systématique par échographie
et dosage de l'alpha-foetoprotéine tous les 6 mois.
Source :DGS-SD5A et DHOS 8
ave de Ségur, 75008 Paris
Le carcinome hépatocellulaire
Le carcinome hépatocellulaire est exceptionnel en l'absence
de cirrhose ; il survient habituellement sur une cirrhose compensée
et reste asymptomatique longtemps.
De nombreuses études épidémiologiques ont
montré l’association entre l’infection par
le VHC et la survenue d’un carcinome hépatocellulaire
qui, dans la majorité des cas, se développe sur
un foie atteint de cirrhose.
Si la cirrhose par elle-même est essentielle au développement
du carcinome, l’existence d’interactions entre les
protéines structurales et non structurales du VHC et les
protéines cellulaires impliquées dans le contrôle
du cycle cellulaire et de l’apoptose (défaut de mort
cellulaire) suggère un rôle oncogénique direct
du virus.
Par ailleurs, la coinfection par le virus de l’hépatite
B augmente probablement le risque de carcinome hépatocellulaire
bien que les 2 virus puissent mutuellement inhiber leur réplication.
Chez un malade ayant une cirrhose virale C, la constation sur
la PBH de lésions considérées comme précancéreuses
ou associées au cancer doit être clairement indiquée
sur le compte-rendu biopsique et incite à rapprocher les
examens de dépistage d’un carcinome hépatocellulaire
susceptible d’être traité.
Une relation entre l’infection
par le VHC et la survenue de lymphomes non hodgkiniens a été
suggérée. Ces lymphomes de phénotype B, inconstamment
associés à une cryoglobulinémie mixte sont
habituelle de bas grade et ont souvent une localisation extraganglionnaire,
en particulier hépato-splénique.
L’infection par le VHC entraînerait une simulation antigénique
chronique qui favoriserait les mutations oncogéniques dans
les cellules lymphoïdes et serait ainsi à l’origine
de leur prolifération néoplasiques. De plus, comme
pour le carcinome hépatocellulaire, la participation directe
de protéines structurales et non structurales du VHC dans
la genèse du lymphome pourrait également être
envisagée.
Il est intéressant de noter qu’un traitement antiviral
efficace par l’interféron seul ou associé à
la ribavirine est capable d’induire une rémission complète
de ce type de lymphome.
Source : Hépatite C :
Jean-Michel Pawlotsky et Daniel Dhumeau
Source : Professeur Lavanchy OMS

tiré de Biomedical Research
Reports – Hepatitis C – Series Editors John I. Gallin
and Anthony S.Fauc
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