| Diagnostic,
évolution et traitements médicaux
Diagnostic
Seule la prise de sang permet de dépister le VHB.
Plus de la moitié des personnes atteintes par
le virus de l’hépatite B ignorent qu’elles sont infectées.
Si vous ne connaissez pas votre situation par rapport à l’hépatite
B et si vous n’avez jamais été vacciné, faites
un test de dépistage. S’il est négatif, consultez
votre médecin pour envisager une vaccination.
Mode de révélation :
a) Découverte fortuite (90%) :
Il s’agit du cas le plus fréquent en
raison du caractère habituellement asymptomatique de l’affection
aiguë.
• Découverte d’une élévation des
transaminases à l’occasion d’un bilan de santé,
d’un examen de routine en médecine du travail ou lors
d’un don de sang.
• Dépistage dans des populations exposées (sujets
provenant de zones d’endémie élevée,
toxicomanes, détenus, pensionnaires en institutions, hémodialysés,
patients atteints d’une maladie sexuellement transmissible).
b) Découverte suite à la présence
de symptômes aspécifiques tels que :
• Fatigue, affaiblissement général de
l’organisme.
• Douleurs articulaires.
Evolution
Après une période d’incubation
qui peut durer de 2 à 4 mois, au cours de laquelle
on ne ressent rien, le virus VHB déclenche une hépatite
aiguë qui passe le plus souvent inaperçue.
L’hépatite aiguë dure huit à douze semaines
(2 à 3 mois). Pendant cette période, même si l’on
ne ressent aucun signe, la quantité de virus dans l’organisme
est très importante : le virus est présent dans le sang,
le sperme et les sécrétions vaginales, mais aussi dans
la salive. C’est pourquoi, au tout début de l’infection,
une personne contaminée peut transmettre le virus même
par un baiser profond.
Après ces quelques semaines, 9 personnes sur 10 éliminent
le virus.
Dans les résultats d’analyse de sang, l'antigène
HBs (signe de reconnaissance du virus) disparaît alors pour faire
place à un anticorps protecteur ou anticorps anti-HBs (ac anti
–Hbs). Sa présence témoigne de la guérison
mais aussi de l'immunisation, généralement définitive,
de la personne contaminée.
Malheureusement dans 10% des cas (un peu plus chez les hommes que chez
les femmes), le VHB reste présent. Si l’Ag HBs est toujours
positif 6 mois (délai fixé arbitrairement par convention)
après l’épisode aigu, on parlera de portage chronique
du VHB plus ou moins actif :
• Environ 1/3 des porteurs chroniques sont des porteurs sains
du virus. Celui-ci est présent mais ne se multiplie plus
et n’entraîne aucune lésion du foie. Les transaminases
sont normales et il n’y a aucun risque de développer
une cirrhose.
• Environ 1/3 des porteurs chroniques auront une inflammation
modérée du foie (hépatite chronique peu active).
Les risques de "dégâts" au niveau du foie
sont très minimes.
• Enfin, le dernier 1/3 des porteurs chroniques du VHB auront
des lésions sévères (hépatite chronique
active ou agressive) avec le risque de développer une fibrose
d’abord et ensuite, dans 20 à 30% des cas sur une période
de 10 à 20 ans, de développer une cirrhose.
Remarques :
1) Les personnes immunodéprimées (patients
soumis à une chimiothérapie anticancéreuse, hémodialysés,
malades du sida...) contaminées par le VHB développent
une hépatite chronique dans 40 % des cas.
2) les lésions du foie provoquées par le VHB peuvent
être importantes même si la personne n’a aucun symptôme.
Traitements médicaux
Avant tout, la consommation d’alcool doit être
évitée.
En cas d’hépatite aiguë qui survient
après la contamination, il n'existe pas de traitement
spécifique :
• du repos
• pas d’automédication (certains médicaments,
que l’on croit anodins, sont dangereux pour le foie).
Par exemple, il est prudent d’éviter les traitements
immunodépresseurs et particulièrement les corticoïdes
qui risqueraient de stimuler la réplication virale.
En cas d'hépatite B chronique, l’objectif
du traitement est de bloquer la multiplication virale
afin de retarder le plus possible les dégâts causés
au foie. Si l’anticorps apparaît, on peut arrêter
le traitement. Sinon, on continue, car le traitement «endort»
le virus. Devenu inactif, celui-ci ne provoquera plus de dommages.
Le médecin mettra en place une stratégie en fonction de
l’importance des lésions du foie, visibles notamment grâce
à la biopsie.
a) L’Interféron
alpha :
L’interféron alpha est prescrit depuis plusieurs années.
Ce médicament a une action antivirale et stimule les défenses
immunitaires.
Il s’administre par injections sous-cutanées.
Le traitement dure généralement de 6 mois à 1 an.
L’apparition d’anticorps intervient dans
plus ou moins 30% des cas.
Durant toute cette période, les transaminases doivent être
contrôlées régulièrement.
En effet, si le patient répond au traitement, l’ADN viral
disparaît normalement après 2 à 3 mois de traitement.
En même temps, les transaminases augmentent brusquement, pour
se normaliser ensuite. Cette cytolyse est de bon augure et ne doit pas
faire diminuer les doses d’interféron. L’arrêt
de la réplication virale va suivre ce pic de transaminases, parfois
plusieurs mois après l’arrêt du traitement à
l’interféron.
Pour les patients (environ 70 %) qui ne « répondent »
pas après cette période, il est inutile de poursuivre
le traitement d’autant que les effets secondaires au traitement
peuvent être de taille (état grippal et fièvre après
les injections, troubles dépressifs tout au long du traitement).
L'action de l'interféron (IFN) est d'abord antivirale, il inhibe
l'ADN¹ du virus et active les enzymes² antivirales. Elle stimule
aussi les défenses immunitaires. L’IFN augmente l'activité
de certaines cellules du système immunitaire. L'action antivirale
du traitement se vérifie par la diminution de la charge virale
dès les premières semaines. L'action immunomodulatrice,
elle, se traduit souvent par une augmentation des transaminases³
(en général au bout de 2 mois). Ce qui montre l'accroissement
de la réponse immunitaire et augmente les chances d'éliminer
le virus.
A ce stade, il peut se produire une élévation temporaire
de l'inflammation hépatique et de la nécrose4,
due à l'élimination des cellules hépatiques infectées.
Quand le traitement marche, les transaminases se normalisent au bout
de quelques mois et l'état du foie s'améliore. L'efficacité
se confirme par la négativation de l'ag HBe et l'apparition d'anticorps
anti-HBe. A plus long terme, une guérison totale, confirmée
par la séroconversion ultérieure de l'AgHBs avec apparition
de l'anticorps anti HBs est parfois obtenue, elle peut être favorisée
par un traitement prolongé.
Le traitement est plus efficace au cours de la période de réaction
immunitaire. L'IFN entraîne alors une réponse dans 50 %
des cas environ. Par contre, en phase de tolérance immune, le
traitement est peu efficace. Contrairement aux autres médicaments
utilisés, l'IFN présente l'avantage d'être administré
sur une courte période, de ne pas provoquer de résistance
et, lorsqu'il est efficace, d'induire une séroconversion prolongée
chez 80 à 90 % des malades. Son principal inconvénient
est relatif à la tolérance, les effets secondaires sont
importants. Dans 20 % des cas, il faut réduire la dose, dans
5 % des cas, on arrête le traitement. En outre, l'IFN est formellement
contre indiqué dans un certain nombre de cas (cirrhose décompensée,
troubles psychiatriques, etc.).
¹ ADN = Acide désoxyribonucléique.
Principal constituant des chromosomes, l''ADN est une molécule
qui sert de support à l'information génétique (par
laquelle se manifestent les caractères héréditaires).
Elle est composée d'un enchainement variable de quatre nucléotides
différents (adénine, guanine, thymine et cytosine).
² Une enzyme est une molécule organique. Son rôle
est semblable à celui d'un agent catalytique, qui accélère
ou facilite les réactions biochimiques.
³ transaminase ou aminotransférase: substance (enzyme) capable
d’activer l’échange du groupement amine (-NH2) d’un
acide aminé contre la fonction cétone (CO) d’un
acide cétonique. On constate l’augmentation de leur taux
dans le sang lors de certaines maladies du foie ou au début d’un
infarctus du myocarde.
4 Nécrose : La
nécrose est la mort et la décomposition des tissus dans
une zone précise, en dehors de laquelle les tissus sont sains.
b) L’Interféron Pégylé
Auparavant, seul l'IFN standard était proposé
contre l'hépatite chronique B, désormais, l'IFN pégylé
lui est préféré. Plus facile d'utilisation, il
est plus efficace et accroît les chances de séroconversion
HBe (37 % avec l'IFN peg contre 25 % avec l'IFN standard).
En Belgique, depuis mars 2007, les malades de l’hépatite
B (hépatite B chronique active) peuvent enfin accéder
au traitement de référence déjà en application
partout en Europe, ou presque. Mais, il y a des restrictions... Pour
tous ceux et toutes celles que cela concerne, n’hésitez
pas à en parler avec votre médecin spécialiste.
La spécialité PEGASYS® fait l'objet d'un remboursement
en catégorie B s'il est démontré qu'elle est utilisée
pour le traitement :
a) de bénéficiaires adultes atteints
d'une hépatite B chronique et active n'ayant jamais été
traités pour celle-ci. Le bilan diagnostique doit contenir simultanément
:
• la présence d'un antigène
HBs positif depuis plus de 6 mois ;
• la présence ou l'absence de l'antigène HBe ;
une réplication virale démontrée par un taux
de l'ADN-VHB > 100.000 copies/ml ou un résultat similaire
exprimé en d'autres unités;
• des valeurs d'ALAT supérieures à 2 fois la norme
supérieure des valeurs normales ;
• une biopsie hépatique dont l'examen histologique démontre
une nécro-inflammation modérée à sévère.
Lorsqu'il s'agit d'un bénéficiaire hémophile
ou sous anticoagulants, cette biopsie n'est pas exigée.
b) de bénéficiaires adultes atteints
d'une hépatite B chronique et active, ayant été
traités antérieurement par la lamivudine uniquement si
ce traitement a été arrêté depuis plus de
6 mois après l'expiration de la dernière autorisation
de remboursement de cette molécule. L'arrêt de traitement
par la lamivudine doit être motivé par une augmentation
de la virémie (ADN-VHB) réalisée à des intervalles
d'au moins 3 mois. Au moins 6 mois après l'expiration de la dernière
autorisation de remboursement de la lamivudine, le patient présente
une rechute de l'activité virale ; le bilan diagnostique doit
alors contenir simultanément les éléments suivants
:
• la présence de l'antigène de
surface du VHB
• une réplication virale démontrée par
un taux de l'ADN-VHB > 100.000 copies/ml ou un résultat
analogue exprimé en d'autres unités ;
• des valeurs d'ALAT supérieures à 2 fois la norme
supérieure des valeurs normales ; une biopsie hépatique
qui démontre ou qui a démontré une nécro-inflammation
modérée ou sévère.
c) En outre, les situations cliniques
suivantes sont exclues du remboursement
• pré-cirrhose et cirrhose
• après greffe hépatique
• co-infection avec le VIH
Sur base d'un rapport circonstancié, établi
par un médecin spécialiste en gastro-entérologie
ou en médecine interne, qui démontre que les conditions
visées aux points a) et c) ou b) et c) décrites ci-dessus
sont remplies, le médecin conseil délivre au bénéficiaire
une seule autorisation, dont le modèle est fixé sous «
b » de l'annexe III du présent arrêté et dont
la durée de validité est limitée à 48 semaines.
Le remboursement simultané de la spécialité PEGASYS
avec les spécialités INTRON A, ROFERON A, ZEFFIX, HEPSERA
n'est jamais autorisé. (AR 21.12.2001 Art. 95 §1 b)
c) Autres traitements médicaux :
D’autres médicaments anti-viraux sont actuellement disponibles
: la lamivudine, l’adéfovir, l’entécavir…
Ces médicaments bloquent la réplication du virus B dans
la majorité des cas.
La lamivudine
La lamivudine (Zeffix® ou Epivir® pour les coïnfectés
VIH) est le premier antiviral à avoir été proposé
comme alternative à l'IFN. Elle se présente sous la forme
de comprimés et présente plusieurs avantages par rapport
à l'IFN. Son effet antiviral est rapide (normalisation des transaminases,
diminution de l'activité de l'hépatite et de la fibrose)
et sa tolérance est bonne. Mais, à l'arrêt du traitement,
la réactivation de l'hépatite est quasi constante en l'absence
de séroconversion HBe. Les chances de séroconversion HBe
sont faibles : 20 % après un an. Si l'on prolonge le traitement
dans l'espoir d'obtenir cette séroconversion, on augmente le
risque de provoquer l'apparition de souches virales résistantes
associées à une rechute. La fréquence d'apparition
d'un VHB résistant est de 24 % après un an de traitement,
elle grimpe à 38 % après 2 ans, 50 % au bout de 3 ans,
67 % au bout de 4 ans.
Lorsque l'antigène HBe disparaît au profit de l'anticorps
anti-HBe, on poursuit le traitement pendant 3 à 6 mois au minimum
afin de diminuer le risque de réactivation. En l'absence de séroconversion
HBe, il est conseillé de poursuivre le traitement tant qu'il
n'y a pas de résistance virale. Si une résistance apparaît,
on peut passer à l'adéfovir, en respectant une période
de chevauchement de 3 mois.
L'adéfovir
L'adéfovir dipivoxil (Hepsera®) se présente sous la
forme de comprimés. La séroconversion HBe avec l'adéfovir
dipivoxil est peu efficace, 12 % seulement. Il entraîne, dans
la moitié des cas, une normalisation des transaminases et une
amélioration de l'état du foie et il est très bien
toléré. Il peut donc être prescrit sur de longs
temps car il provoque peu de résistances. Après un an
de traitement, il n'a pas été noté de mutant résistant.
Après 2 ans, on observe une résistance dans 6 % des cas,
après trois ans : 11 %. Au bout de cinq ans, le taux est de 28
%. Il est efficace sur les virus résistant à la lamivudine
et peut donc être utilisé en remplacement de celle-ci en
cas de virus mutant résistant. La durée du traitement
n'est pas clairement établie. En cas de séroconversion
HBe, il est recommandé de poursuivre le traitement pendant 3
à 6 mois pour diminuer le risque de réactivation à
l'arrêt. En l'absence de séroconversion HBe, ou dans le
cas d'une hépatite négative pour l'ag HBe, il est recommandé
de poursuivre le traitement car en cas d'arrêt, il y a rechute.
L'entécavir
Déjà autorisé aux Etats-Unis, l'entécavir
(Baraclude®) a obtenu une AMM (autorisation de mise sur le marché)
européenne mais pour la Belgique, il faudra encore attendre que
Mr Demotte s’y rallie !!!. Sa posologie est d'un comprimé
par jour et sa tolérance est bonne (presque pas d'effets secondaires).
Plus efficace que la lamivudine ou l'adéfovir, il négative
la charge virale dans 90 % des cas. Cependant, il n'entraîne une
séroconversion HBe que dans une minorité de cas (et, exceptionnellement,
une séroconversion HBs) et le traitement doit être prolongé.
Comme l'adéfovir, l'entécavir est efficace sur le virus
de l'hépatite B résistant à la lamivudine, mais
il doit alors être utilisé à une dose plus forte.
»
Extrait... en partie … ’un article paru dans
le JOURNAL DU SIDA (France) N°189 Octobre 2006
«Traitement de l'hépatite chronique B, L'hépatite
B sous contrôle» et écrit par notre ami Michel Bonjour,
Président de SOS Hépatites France.
Malheureusement, la récidive de l’hépatite
est fréquente à l’arrêt du médicament.
L'entecavir
L’entécavir a été commericialisé récemment
aux USA sous le nom de Baraclude® pour le traitement de l'hépatite
B active de l'adulte.
L'entecavir est un analogue structural de la guanosine nucléoside.
Initialement développé comme antiherpétique, il
s'est révélé peu actif dans cette indication mais
très actif contre le virus de l'hépatite B, VHB.
Après avoir été métabolisé en dérivé
triphosphate, il inhibe la DNA polymérase de ce virus.
L'entécavir apparaît plus actif que la lamivudine et l'adéfovir.
Le risque d'émergence d'une résistance du VHB à
l'entécavir semble faible mais n'est pas à exclure à
long terme.
Remarque
On s’oriente aujourd’hui vers des combinaisons de médicaments
qui augmenteraient les chances de réussite et empêcheraient
l’apparition de résistances.
Dans les cas graves d’hépatite B chronique, une transplantation
hépatique (greffe du foie) est parfois nécessaire.
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