Portrait de la Présidente
«Qui veut, peut» et «On
n’a rien sans rien» : voilà sans doute
deux devises qui lui vont comme un gant.
Muriel Colinet est présidente du CHAC (Carrefour
Hépatite C), une Asbl qui milite depuis des années pour
que la Belgique mette en place une véritable politique d’information
et de prévention en ce qui concerne l’hépatite C.
100 000 personnes sont porteuses du virus chez nous, parmi lesquelles
les ¾ ne le savent pas ! Il s’agit d’un virus qui
est beaucoup plus résistant que celui du sida par exemple, qui
est 20 fois plus fréquent et tue 4 fois plus !
Et pourtant on en parlait peu et le grand public ignorait l’ampleur
et la gravité du phénomène, jusqu’il y a
peu : jusqu’à ce que le CHAC et d’autres associations
de malades se mobilisent, organisent des conférences d’information,
«harcèlent» les pouvoirs publics et les politiques,
et obtiennent enfin un écho dans la presse.
Muriel Colinet est de ceux qui n’ont jamais baissé les
bras, qui ont toujours crû au pouvoir des citoyens pour faire
bouger les choses, «lentement mais sûrement», comme
elle se plaît elle-même à le dire. Et pourtant, les
épreuves ne l’ont pas épargnée depuis 1986,
quand son mari est contaminé par le virus de l’hépatite
C, suite à une transfusion sanguine : tous deux vont traverser,
avec leurs trois enfants, de graves problèmes de santé,
d’argent, de logement, de perte d’emploi.
Aujourd’hui, grâce à son courage et à sa persévérance,
elle est devenue la «Madame Hépatite C» en Belgique
: celle qui organise forums sur forums, qui est en contact avec les
plus grandes personnalités médicales et politiques de
Belgique et de France, celle dont le Ministre des Affaires sociales
a fait son interlocuteur privilégié sur la question de
l’hépatite C, et dont la presse parle de plus en plus.
Celle, surtout, qui commence à récolter les fruits de
ses efforts : le Ministre des Affaires sociales envisage en effet de
mener rapidement une campagne d’information et de prévention;
il réfléchit également à une révision
de la politique de remboursement de médicaments destinés
aux malades de l’hépatite C, qui leur serait plus favorable.
Le prix de ce succès est une disponibilité de tous les
instants pour son Asbl, et de moins en moins de temps à consacrer
à sa famille. Car Muriel est seule –avec ses proches qui
l’aident comme ils le peuvent– pour tout assumer : les permanences
téléphoniques, les contacts, l’organisation des
forums, la recherche de fonds, la réalisation d’une brochure
d’information, …
Et tout cela bénévolement ! Avec toutes les personnes
contaminées dont elle est le porte-drapeau, avec toutes celles
qui grâce à son combat passeront à côté
de la maladie, je dis «Chapeau» et «Merci Madame»…
Georges Dallemagne, Sénateur - 2003