
Il vaut mieux dépenser 100 euros aujourd’hui
que 100.000 euros demain !
Extraits du Petit Livre Blanc des revendications.
Parce qu’il n’est plus à démontrer
que l’hépatite C constitue un réel problème
de santé publique, qui soit entrer dans les priorités de
notre gouvernement, le CHAC émet les revendications suivantes :
• Vaccination gratuite VHA/VHB pour les
porteurs chroniques du VHC
Tout le monde sait que les co-infections aggravent
sérieusement les risques de complications extra hépatiques
et affectent les chances de guérison du malade en traitement.
• Assistance psychologique avant, pendant
et après les traitements pour tous ceux qui en font la demande
La guérison pour le malade est bien différente
de la guérison annoncée par le médecin. Pour le
médecin, le malade est guéri si le virus reste indétectable
durant 6 mois après le traitement. Pour le malade, la guérison
n’est là que lorsque ce dernier a réellement retrouvé
sa vie « comme avant ». Or le patient subit longtemps encore,
après la fin du traitement, des effets secondaires tels que fatigue
et déprime. Il nous semble donc essentiel de ne pas le laisser
tomber avec un « vous êtes guéri, je vous revois,
pour un petit contrôle, dans un an » mais bien de le soutenir
encore psychologiquement tout au moins, le temps nécessaire pour
retrouver toutes ses capacités physiques et mentales.
• Campagnes nationales d’information,
de prévention (grand public)
A l’instar de la France par exemple ou de ce
qui se fait, même chez nous en matière de sida, pourquoi
pas des spots radios, TV et des slogans dans la presse écrite
qui rappellent régulièrement au public les mesures essentielles
de protection ?
L’enquête INRA de janvier 2004 démontre que 89% de
la population belge souhaite des campagnes d’information
• Campagnes nationales de dépistage
dans les populations à risques
Les récentes campagnes de dépistages
organisées par des entreprises privées (alors que l’initiative
devrait être du ressort du gouvernement) démontrent que
1,12% des personnes qui se sont présentées au dépistage
étaient séropositives (nombre de tests = 5.459 nombre
de personnes VHC + = 61). C’est plus que les chiffres habituellement
avancés. Et quand on sait que plus de la moitié de la
population belge ignore son statut sérologique, ne se soigne
donc pas et peut contaminer autrui, la nécessité de dépister
n’est certes plus à démontrer ainsi que la nécessité
d’une politique efficace et réaliste de réduction
des risques chez les toxicomanes, grand réservoir actuel de contaminations.
• Campagnes sur les dons de sang et d’organes
Actuellement, la Belgique, comme partout en Europe,
affiche un manque cruel de foies et d’organes en général.
Les listes d’attente pour bénéficier d’une
greffe s’allongent donc de façon très marquante.
Plusieurs de nos membres sont décédés alors qu’ils
attendaient un foie.
Le sang, produit sécurisé aujourd’hui, est dans
maintes occasions source de survie.
Il est clair pour nous que donner un organe, donner son sang, c’est
donner le meilleur de soi-même. Lors de campagnes d’information
sur l’hépatite C (et/ou autres hépatites virales),
un rappel sur le don d’organes ou de sang est loin d’être
superflu.
Pour mémo, le VHC est devenu, devant l’alcoolisme, la première
cause de transplantation hépatique.
• Accès aux traitements de référence
pour les enfants de moins de 18 ans
Quelle aberration, quelle injustice que cette mesure
discriminatoire ! Alors qu’il est clair que les enfants répondent
mieux aux traitements que les adultes (absence de surcharge en fer,
de facteurs aggravants comme le tabac ou l’alcool) « on
» prétexte , pour se soustraire, qu’il n’y
a pas d’études cliniques démontrant l’efficacité
des traitements sur les enfants. Que penser face à un jeune de
16 ans déjà cirrhotique ? Face à un autre jeune
en attente d’une greffe ? Face à un père, une mère
incapable de payer l’équivalent d’un salaire (~ 20.000
€ pour un patient de poids moyen qui devrait subir un traitement
d’un an) ?
• Actions systématiques d’information
et de prévention dans les écoles
Inutile de relever à quel point les jeunes sont
sollicités dans les rencontres festives (drogues, échanges
de seringues) ou par les phénomènes de modes tels que
le tatouage et le piercing qui, réalisés sans mesures
strictes de stérilisation, sont sources de contamination. Les
jeunes étant l’avenir de notre société, il
faut les mettre en garde, sans crainte de répéter, d’autant
que personne n’est à l’abri d’une contamination
en l’absence de vaccin.
• Obtention d’un n° de téléphone
vert
Trop de gens sont encore, à tort, honteux de
leur maladie (peur des amalgames, sentiment de rejet…) et s’isolent
dans un mutisme qui ne fait qu’encore dégrader leur qualité
de vie. Un n° vert, serait une excellente solution pour parer à
cette réalité.
• Création d’un fonds d’indemnisation
des victimes du VHC
Messieurs Dallemagne et Destexhe, au départ,
d’autres Sénateurs et Députés aujourd’hui
s’attèlent à ce problème. Mais les patients
ne voient toujours rien venir alors que certains sidéens ont
été indemnisés. Les ministres qui ont la santé
dans leurs attributions devraient faire avancer les choses car ce jour,
ce ne sont que tropde veuves ou de veufs qui pourront prétendre
à une plus maigre reconnaissance du préjudice subi par
leur conjoint(e).
• Choix du 1er octobre comme journée
Nationale
Le 23 mai dernier nous avions organisé une
première journée nationale car, comme Sœur Anne,
nous ne voyions rien venir de la part du gouvernement quant au choix
d’une date. Pourtant, la résolution sur l’hépatite
C déposée par le sénateur Alain Destexhe (MR) et
co-signée par les sénateurs d’Hooghe (CVP), Galand
(ECOLO), Mahoux (PS) et Remans (VLD) a bien été votée,
à l’unanimité, en séance plénière
du Sénat le 30 mai 2002 !
Puisque le 1er octobre est décrété Journée
Internationale de l’hépatite C, pourquoi ne pas garder
cette même date comme Journée Nationale du VHC en Belgique
?
• Débloquer des budgets pour la recherche scientifique
«Les progrès du traitement des infections
virales C ont été spectaculaires au cours de la dernière
décennie et constituent un des exemples les plus remarquables
de succès thérapeutique en santé publique. La réponse
virologique durable est passée de 6 à 40 % et, pour les
génotypes 2 et 3, elle atteint 85 %. On ne devrait plus désormais
qualifier ces résultats de « réponse virologique
durable » mais utiliser le terme de guérison puisque des
études de suivi prolongé avec un recul de plus de 10 ans
permettent de confirmer qu’il n’y a pas de rechute lorsque
la virémie reste négative dans les 6 à 12 mois
qui suivent le traitement. On se doit de souligner qu’aucun des
traitements utilisés n’avaient été initialement
conçus spécifiquement contre le VHC. La ribavirine, par
exemple, était utilisée contre le virus respiratoire syncytial
et avait fait preuve d’une activité contre les flavivirus
; elle s’est avérée agir dans l’hépatite
C par un mécanisme surtout immunomodulateur. Il en est de même
de l’interféron, cytokine antivirale polyvalente. Compte
tenu des formidables progrès survenus dans la connaissance du
VHC, de ses protéines et de ses enzymes ainsi que des mécanismes
de réplication, un nouvel arsenal thérapeutique spécifique
est en train de voir le jour.» (Christian Trépo, Marianne
Maynard, Fabien Zoulim – «Hépatite C» de Jean-Michel
Pawlotsky et Daniel Dhumeaux- Editions Médicales et Scientifiques)
Ce passage tiré de la « Bible » en matière
d’hépatite C ne nécessite aucun commentaire supplémentaire
quant à l’importance de débloquer les moyens suffisants
et nécessaires à la recherche scientifique.
• Accorder plus de moyens pour les associations
de patients
Jamais le CHAC n’a obtenu de subsides de fonctionnement
récurrents (sauf 3.000 €/an de la Province de Luxembourg.
Mais, les restrictions actuelles ne nous garantissent même plus
cette maigre manne pour les années à venir). Chaque année,
l’association doit compter sur la générosité
des firmes pharmaceutiques ou autres ou encore mendier auprès
des différents cabinets ministériels pour obtenir une
aide financière dans des actions ponctuelles comme la création
du dépliant «hépatite C, autant savoir» ou
l’organisation de la Journée Nationale de l’hépatite
C. Elle perd donc beaucoup de temps et d’énergie à
constituer des dossiers au lieu de se consacrer pleinement aux malades.
Depuis sa création, le nombre de membres ne cesse d’augmenter,
la quantité de charge de travail aussi. La situation deviendra
indéniablement intenable.
Pourquoi certaines associations ont-elles la possibilité d’engager
du personnel et d’autres pas ? Pourquoi certaines associations
bénéficient-elles de subsides et d’autres pas ?
Pourquoi certaines associations obtiennent-elles l’immunisation
fiscale et d’autres pas ? En ce qui concerne le CHAC, il a demandé
l’immunisation fiscale et essuie un refus notifié pour
le motif suivant : l’association doit exercer ses activités
exclusivement dans le domaine de l’assistance aux personnes déshérités
qui relèvent des catégories suivantes : les victimes de
la guerre, les handicapés, les personnes âgées,
les mineurs d’âges protégés, les indigents.
Un adulte raflé en pleine maturité familiale, sociale
et professionnelle par le virus du VHC entre dans quelle catégorie
? Une fois de plus dans aucune !
• Autres
Il ne faut pas les oublier !
Tous doivent avoir accès, de façon égale, aux traitements
de référence. Ce n’est pas le cas pour les prisonniers
qui ne dépendent pas du Ministre de la Santé mais bien
du Ministre de la Justice. La prévalence est importante en milieu
carcéral (promiscuité, drogues…).
Il faudrait secouer les Compagnies d’assurances !
…qui, sans vergogne, augmentent de façon outrancière
les primes des malades ou qui refusent purement et simplement de les
assurer. Sans parler des jeunes (et moins jeunes) à qui on refuse
carrément tout prêt hypothécaire. Pourtant le malade
du VHC est loin d’être un condamné à mort
et les progrès de la médecine nous laissent espérer
des guérisons de plus en plus nombreuses et définitives…
Il est temps de faire les comptes !
Subventions accordées pour le sida
1999 ~ 62.347.738 Bef
2000 ~ 62.757.516 Bef
2001 ~ 62.561.784 Bef
2002 ~ 1.774.375,45 Euros
Quelles subventions accordées pour le VHC ?
Autant de questions qui, à nos yeux, demandent impérativement
réponses….
Et si la Belgique mettait sur pied un plan national de lutte contre le
VHC ?
Le Chac a quelques idées sur la question…
Ce plan national devrait, dans une démarche cohérente,
associer prévention, dépistage, soins et recherches et ce,
également au niveau régional et local par un travail en
réseaux autour de la personne malade.
• Renforcer l’accès au dépistage.
• Informer les personnes particulièrement
exposées.
• Sensibiliser les médecins généralistes
à l’intérêt du dépistage chez toute
personne à risque.
• Créer des centres de dépistage anonymes et gratuits.
• Inciter au dépistage par une campagne d’information
ciblée et adaptée.
• Poursuivre l’expérimentation et l’évaluation
du dosage de l’ARN plasmatique (PCR lors des dons de sang afin
de réduire au maximum le risque transfusionnel résiduel).
• Améliorer la prise en charge.
• Créer des «pôles hépatite
C» référents pour les protocoles diagnostiques et
thérapeutiques. Ceux-ci auraient pour rôle de coordonner
les travaux de recherche scientifique, d’informer les professionnels
de la santé et de concourir à la surveillance épidémiologique.
Ils auraient également pour mission de développer des
réseaux VHC.
• Les réseaux VHC, organisés autour de la personne
permettraient d’améliorer la qualité de prise en
charge grâce à la collaboration entre le secteur libéral
et hospitalier et les associations de patients telles que la nôtre
(compétences différentes et complémentaires).
• Mettre en place un dossier médical partagé pour
les personnes infectées par le VHC, qui permettrait de faire
le lien entre les différents acteurs de santé afin d’améliorer
l’organisation et la qualité des soins et du suivi. Ce
dossier, outil de communication pour les différents médecins
impliqués dans la prise en charge du patient, serait remis à
celui-ci qui le présenterait lors de chaque visite (tant chez
le généraliste ou le spécialiste, libéral
ou hospitalier). Le mode de contamination présumé ne devrait
pas y figurer afin de respecter les particularités et les intérêts
de chacun.
• Mettre à la disposition du patient un livret d’information
sur la physiopathologie du VHC, les facteurs aggravants de l’infection
-particulièrement la consommation d’alcool- et les traitements.
Ce livret permettrait ainsi de faciliter l’observance de la thérapeutique.
• Obtenir un remboursement à 100% des soins liés
à l’hépatite C tout au moins, à l’instar
de la France, pour les patients déjà atteints de cirrhose.
• Réduire les risques de nouvelles contaminations
par le VHC particulièrement aujourd’hui chez les usagers
de drogues par voies intraveineuses et nosocomiales.
• Informer ces patients sur les comportements
à risque transmettant potentiellement le VHC.
• Veiller aux recommandations sur les pratiques de décontamination,
de désinfection et de stérilisation en milieu hospitalier.
• Renforcer les mesures d’hygiène en prison en mettant
à disposition des détenus des matériels à
usage individuel/unique.
• Mettre en place de nouvelles modalités de dépistage
et de suivi des personnes ayant subi des transfusions de sang contaminé
avant 1990.
• Mettre en place une formation des professionnels de la santé
en particulier sur l’histoire naturelle de la maladie, des indications
du traitement à suivre et les bonnes pratiques de prise en charge.
• Réduire les risques de nouvelles dégradations
socio-familiales en pratiquant une politique sereine qui sous-entendrait
une guidance dans les domaines sociaux, administratifs, professionnels,
fiscaux et juridiques afin d’éviter au maximum toute dégradation
morale subséquente aux astreintes thérapeutiques (=rôle
synergique avec les CPAS, les centres de santé, les mutuelles,
les plannings familiaux, les associations telles que la nôtre…)
• Améliorer les connaissances.
• Développer les connaissances sur :
- L’évolution clinique de l’hépatite
C traitée et non traitée
- L’incidence des événements graves
- Les indicateurs de morbidité (cirrhose, hépatocarcinome)
- Les nouvelles contaminations
• Mettre en place une cohorte de personnes vivant
avec le VHC qui porterait notamment sur :
- Les modalités de contamination encore mal
connues (investigations des primo-infections)
- Les comportements à risque et le rôle des facteurs de
co-morbidité
- Les attitudes des médecins par rapport au dépistage
et au suivi des patients
- L’évolution clinique des patients mono-infectés
par le VHC et des patients co-infectés par le VHC et le VIH
- L’efficacité de différentes stratégies
thérapeutiques
• Surveiller et évaluer l’évolution
de l’épidémie.
• Surveiller l’épidémie suivant
la prévalence de l’infection et l’incidence des nouveaux
cas diagnostiqués.
• Evaluer l’évolution des infections récentes
ainsi que le recours au dépistage et aux soins.
• Evaluer le programme afin de l’adapter
à l’évolution des connaissances thérapeutiques
et aux besoins des personnes concernées.
• Sur le plan national : créer un comité
de suivi qui s’assurerait de la mise en œuvre du programme,
de son évaluation, de son éventuelle réorientation.
Ce comité associerait l’ensemble des structures concernées
par l’épidémie de l’infection par le VHC.
L’évaluation porterait sur :
- Les moyens mis en œuvre
- Le nombre de personnes prises en charge
- La comparaison avec d’autres pays
• Sur le plan local : le programme serait adapté
et piloté par des services déconcentrés en tenant
compte des caractéristiques épidémiologiques et
démographiques en collaboration avec une commission spécifique
composée de médecins et d’associations de patients
telles que la nôtre.
• Exiger du gouvernement la mise en place
d’une convention de règlement relative à l’hépatite
C visant à verser à tout patient lésé
une indemnité forfaitaire similaire et concordante à celle
établie par le gouvernement canadien et permettant à tout
patient concerné de garder son libre choix d’intenter une
action judiciaire visant au mieux ses intérêts.
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